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19/06/2026

Etude Unigrains : Mutations de la démographie et ses impacts pour la filière agri-agroalimentaire




Etude Unigrains : Mutations de la démographie et ses impacts pour la filière agri-agroalimentaire

Quelles stratégies et leviers d’adaptation pour les entreprises ?

Paris, le 19 juin 2026 – A l’occasion de la 4ème édition des Rencontres d’Unigrains, l’investisseur-partenaire des entreprises de l’agri-agroalimentaire a publié une étude inédite sur les mutations de la démographie et leurs impacts pour la filière agri-agroalimentaire, ainsi que sur les leviers d’adaptation et les opportunités qu’elles recouvrent.

« En 2023, seulement 2% de nos entreprises-partenaires identifiaient la transition démographique comme leur principal chantier prioritaire. Trois ans plus tard, le sujet s'impose comme un enjeu économique majeur. La question n'est plus de savoir s'il faut s'y intéresser, mais quelle place lui donner dans la hiérarchie des priorités au sein des entreprises », souligne Paulin MATCHON, Responsable d'Études Économiques & Stratégiques chez Unigrains.

 

2025 constitue un point de bascule historique en matière démographique

Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le solde naturel français devient négatif (-6 000) : il y a désormais plus de décès que de naissances. Les projections de l'Insee jusqu'en 2070 confirment l'ancrage de cette tendance dans le long terme. Le taux de fécondité historiquement bas (1,56 contre 2,1 pour renouveler les générations) explique en partie ce que certains qualifient désormais de « baby krach ». L'immigration devient le seul moteur de la croissance démographique (solde migratoire : +176 000), tandis que s'accélèrent le vieillissement de la population et la multiplication des ménages solos.

En 2025, La France n'est plus une exception : elle rejoint, vingt ans après l'Italie, le peloton européen de la dénatalité.

Quatre ondes de choc pour le secteur agri-agroalimentaire

Face à ces mutations démographiques, la Direction des Etudes Economiques & Stratégiques d’Unigrains identifie quatre principales ondes de choc :

  • La contraction des volumes : une population qui vieillit est une population qui consomme moins, les besoins énergétiques diminuant avec l’âge. L’essoufflement du moteur démographique, qui contribuait jusqu’ici à près de 30 % de la croissance des dépenses alimentaires, laisse entrevoir à horizon 2040 un marché globalement atone en volume (entre -0,2 % et +1 % par an).
  • La recomposition des marchés : la dénatalité entraîne un ralentissement des segments les plus dépendants des familles (laits infantiles, compotes, céréales…) - la curiosité culinaire et la diversité au sein de la population stimulent le marché des cuisines du monde (~6 Md) - le vieillissement érige le segment senior en marché structurant (22 % de la population mais 30 % des dépenses alimentaires) malgré ses spécificités (hétérogénéité des profils, attentes élevées en matière de santé, de praticité, de qualité).
  • La fragmentation des circuits de distribution : les transformations démographiques mettent en lumière la remise en cause du modèle traditionnel de la distribution alimentaire avec - la fin du modèle des hypermarchés (52 % de part de marché en 2016, 36 % en 2025) au profit de la proximité et de la livraison - l'essor des spécialistes qui répondent à des besoins spécifiques (cuisines du monde, format, fraîcheur…) - la bascule vers la restauration hors domicile, passée de 15 % à 35 % des dépenses alimentaires en un demi-siècle, avec une projection à 40 % d'ici 2040.
  • Les tensions sur les ressources humaines : l’agroalimentaire est le 1er employeur industriel de France et est en première ligne face à la pénurie de main d’œuvre à venir. Le secteur fait face à des difficultés structurelles de recrutement avec plus de 20000 postes non pourvus chaque année et plus de la moitié des offres demploi confrontées à des pénuries de candidats. La perte de 1 million d’actifs dans l’industrie à horizon 2030 amplifiera la pénurie de main d’œuvre, en particulier dans la filière viande qui concentre 22% des emplois de l’industrie agroalimentaire.

 

Des leviers stratégiques déjà à l'œuvre

Si les mutations en cours reconfigurent en profondeur la chaîne de valeur, tant en interne (ressources humaines, métiers) qu’en externe (marchés), les stratégies déployées sur le terrain témoignent de la capacité d’adaptation et de résilience du secteur.

 

Au-delà de l’équation simpliste de la dénatalité et la décroissance, la transition démographique est une source d’opportunité, d’innovation et de différenciation pour les acteurs les plus agiles et capables de se réinventer.


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